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vendredi 12 novembre 2010

Différencier ce qui est, ce qui est exprimé et ce qui est perçu

Une quantité phénoménale de problèmes est causée par ce que l'on appelle couramment un quiproquo ou un malentendu. D'ailleurs ce dernier mot est des plus intéressants : "mal" "entendu". Et si le "mal" "exprimé" existait aussi ? Et si c'était ici en fait, que se situait la réponse ?

Quand on est en interaction, quand on communique, il y a 3 éléments à prendre en compte : le message en lui-même, la façon dont il est exprimé et la façon dont il est perçu, le plus important étant ce dernier point. Car le but de la communication est bien là : se faire comprendre des autres. La célèbre phrase : "Je me suis compris" est d'une totale absurdité. Heureusement que je me comprends quand je parle. Et si je parle non pas pour me faire comprendre, mais pour comprendre : je fais perdre son temps à mon interlocuteur et je lui manque de respect en me terrant dans la mauvaise foi.

Il est donc important de bien se faire comprendre. Premier point : le message.
En lui-même, le message n'est ni simple, ni complexe. C'est un message. Il convient de le définir avec précision pour tout d'abord bien se comprendre soi-même. Si ce que je veux dire n'est pas clair dans ma tête, je ne risque pas de bien me faire comprendre.

Ensuite, je dois réfléchir à la façon dont je vais l'exprimer. Au message, au fond de mon discours, je vais ajouter la forme. Cette forme, elle peut être verbale ou non verbale. Si, par exemple, vous dites à un ami "tu es un bon ami", tout en le menaçant avec la main, il risque de ne pas comprendre ce que vous voulez lui dire.
En utilisant le langage du corps, on peut ainsi moduler ou au contraire renforcer un message.

Enfin, la question la plus importante : quelle est mon audience ? A quoi sera-t-elle sensible ? Comment m'assurer que le message est bien transmis conformément à ce que je souhaite ? Je l'ai dit plus haut, le message n'est en lui-même ni simple, ni complexe. Par contre, selon la façon dont vous allez l'exprimer, il sera perçu soit de manière simple, soit de manière complexe. Tout est affaire de perspective. C'est un pouvoir immense que celui de dire de façon simple des choses qui peuvent paraitre compliquées.

Dans mon cas, j'ai défini plusieurs types de personnes, qui seront sensibles à une ou plusieurs façons de m'exprimer. Quand je suis en interaction avec quelqu'un, mon premier objectif est de définir son type, afin d'utiliser le bon "encodeur". Car tout est bien là : j'encode le message de la façon dont mon interlocuteur pourra le décoder de manière simple et naturelle. A partir du moment où mon interlocuteur essaie de me comprendre, si je le vois froncer les sourcils, cela signifie que je n'ai pas utilisé le bon encodage pour mon message, et que lui, essaie de changer de décodeur. C'est un peu comme les langues étrangères. Si je vais en Grande Bretagne, j'ai plus de chances de me faire comprendre si je parle anglais. Le message est le même qu'en français, je vais simplement l'encoder en anglais pour me faire comprendre.

La difficulté principale réside ainsi dans le fait de définir le bon type d'interlocuteur pour appliquer le bon décodeur. Certains cas sont simples et accessibles à tout le monde. D'autres cas sont plus complexes.
Si vous avez du mal à vous faire comprendre, le propose des programmes adaptés spécifiquement à ce type d'objectif. Je vous apprends à distinguer les différents types de personnes, les différents contextes et à trouver une bonne façon de faire passer votre message.
N'hésitez pas à me contacter pour en savoir plus !

Différencier la transmission d'information, la discussion et la négociation

A partir du moment où il y a interaction, il est essentiel, avant de communiquer, de se poser la question suivante : vais-je transmettre une information, discuter ou négocier ? Toute personne qui se pose cette question dispose d'un avantage conséquent dans le cadre de l'échange, car cela lui donne le contrôle de l'interaction. En combinant le type d'interaction voulu avec les dynamiques des échanges de pouvoir, les possibilités sont immenses.

Informer
Lors d'une transmission d'information, typiquement, un ordre qu'un supérieur donne à ses subordonnés, la discussion est fermée. Elle doit l'être à la fois dans le fond et dans la forme, tout en étant adaptée à l'audience. Si le message est bien exprimé et correctement perçu, alors la ou les personnes en interaction comprendront parfaitement la caractère informatif du message et ne chercheront pas ni à discuter, ni à négocier.

La discussion et la négociation
La différence principale entre ces deux types d'échanges est que dans la négociation, une ou les deux parties en interactions essaient d'obtenir un résultat. La discussion n'a pas d'autre but que le plaisir d'échanger, l'envie de s'exprimer, d'écouter, d'apprendre, d'enseigner, ou simplement le plaisir de la joute verbale.

Je peux bien évidemment vous aider dans le cadre d'un programme de développement personnel à entrer plus en détail dans les différents types d'interactions et à les pratiquer pour exceller dans cet art puissant.

Différencier les tâches applicatives et créatives pour gagner en efficacité

Quel que soit la tâche que l'on essaie d'accomplir, qu'elle soit modeste, importante, sur le court, moyen ou sur le long terme, qu'elle prenne du temps à exécuter ou non, il est possible de gagner drastiquement en efficacité en se posant la question suivante : cette tâche est-elle applicative ou créative ?

Une tâche créative est une tâche qui demande réflexion. Établir un plan, définir une stratégie, sont des tâches créatives. Une méthode est mise en place et on peut encadrer la créativité en se bornant à des contraintes ou des limites que l'on se fixe ou qui sont fixées par la méthode. Cela permet de limiter les facteurs, les variables et de se montrer plus efficace, plus productif, lors de la phase applicative.

Une tâche applicative est une tâche qui consiste à appliquer "bêtement" une méthode, ou ce qui a été appris. Il n'y a pas de besoin particulier de réflexion, il s'agit simplement ... d'agir. Ce sont ces tâches qui peuvent être très consommatrices de ressource temps si elles sont mal définies ou si, par exemple, on essaie de se montrer créatif. Évidemment, certaines tâches applicatives peuvent faire appel à de la créativité. Par exemple, il est décidé lors de la phase créative d'un plan communication pour une société, de créer un site internet. Créer le site internet peut faire appel à de la créativité. Mais le fait de créer un site internet, en suivant le cahier des charges défini, est une tâche applicative.

En résumé : le caractère créatif d'une tâche peut se résumer ainsi : c'est la capacité à fixer des règles et des limites. Lors d'une tâche applicative, on considère les limites et contraintes comme "acquises" et le principe même de la tâche ne devrait pas être remis en question.

Être un patron respécté et apprécié par ses employés

J'ai récemment travaillé sur le cas d'un patron qui avait perdu le contrôle de son entreprise et plus particulièrement de ses employés. Désinvolture, retards à répétition, manque de motivation ... les symptômes étaient clairs, il fallait agir.

Agir, mais comment ? En comprenant ce que vos employés attendent de vous. Je connais plusieurs patrons qui cherchent à créer avec plus ou moins de succès des liens d'amitié avec certains de leurs employés. Soyons clairs : si vous aimeriez que vos employés soient vos amis, ce n'est pas forcément (voire pas du tout) le cas de leur côté. Si votre besoin de vous faire aimer est trop grand, passons en développement personnel, commençons un programme et corrigeons cela.

Non, un patron ne doit pas se faire aimer de ses employés. Il peut, en conséquence de ses qualités, se faire apprécier, aimer, même admirer, mais cela doit rester une conséquence heureuse et non un objectif. Ce dont a besoin un patron, c'est surtout de se faire respecter par ses employés. Et comment se faire respecter ? Tout simplement en faisant bien son travail de patron.

Qu'attendent les employés de leur patron ? Tout d'abord, ils n'attendent pas forcément que vous leur demandiez leur avis. Ils n'ont pas à être toujours d'accord avec vos choix, c'est pour cela que vous êtes le patron : c'est à vous d'imprimer les grandes lignes directrices de l'entreprise. Si vos choix sont cohérents, si vos décisions amènent des résultats concrets, si vous parvenez à rassurer vos salariés, en leur montrant que votre petite PME a les reins solides et leur permettra de nourrir leur famille pendant des années, alors, vous êtes un bon patron.

Évidemment, si vous n'imprimez aucune stratégie ou pire, la changez constamment sans raison apparente, montrez que vous n'êtes pas sûr de vous, n'arrivez pas à résoudre les problèmes, à gérer les crises, vous ne serez pas un bon patron. Vous ne serez pas un patron compétent. Et sans compétence, nul respect.

A l'inverse du patron trop gentil, il y a le tyran. Le petit chef aussi. Vous tirerez le meilleur de vos employés en sachant les critiquer et les féliciter avec justesse. J'oserai dire justice. Un bon patron est un patron juste.

Nous venons de le voir, le respect peut venir par la compétence. Mais encore faut-il que vos employés connaissent vos compétences, soient informés de vos résultats, de votre bonne performance. Beaucoup de patrons que j'ai pu rencontrer ne distinguent pas les 3 différents types d'échange possibles : discussion, information, négociation. En tant que patron, vous avez un devoir d'information auprès de vos employés. Mais donner une information n'amène pas forcément ni à une discussion, ni à une négociation.

Un bon patron fait bien le travail que ses employés attendent de lui. Un excellent patron sait valoriser ses actions, les rendre visibles. Un bon patron sait dire non et affirmer ses positions.

Si vous vous retrouvez pleinement dans cette description, alors je me permets de vous féliciter ! Si ce n'est pas le cas, n'hésitez pas à me contacter pour mettre en place un programme de coaching du décideur.

mercredi 10 novembre 2010

Connaître, accepter et atténuer ou supprimer ses défauts

J'entends souvent dire "je ne changerai plus", "je suis comme ça, c'est mon caractère".
Soyons clair, ce type de comportement est dans le meilleur des cas de l'ordre de la fainéantise, dans le pire des cas de l'ordre de la lâcheté et n'a rien à voir avec l'acceptation.

N'importe qui (ou presque ...) peut changer. Si vous souhaitez vous en convaincre, je vous invite à (re) consulter cette page sur le changement dans la vie. Je partirai du principe que cette notion de changement est acceptée, pour la suite de ce billet.

N'importe qui peut donc changer. Et un excellent début passe par une analyse de soi. Et un meilleur début encore passe par l'analyse de ses forces et ses faiblesses. Comme en marketing, il est tout à fait judicieux de procéder à une analyse SWOT (forces, faiblesses, opportunités, menaces) même quand le système étudié est une "simple" personne (en opposition à une société, par exemple).

Autant il peut être relativement facile (comprenez, il est possible de rester relativement objectif) quand le système étudié n'est pas soi, autant certains verrous entrent en jeu lorsque l'on doit observer cette immense poutre dans l'œil qui nous empêche de bien voir. Comme souvent, je dirai que tout est affaire de perspective : lister ses défauts pour le "plaisir" de les lister est en soi un exercice difficile, peu engageant et finalement assez déprimant, reconnaissons-le !
Si on ne sait pas quoi faire de toutes ces faiblesses qu'on essaie difficilement d'identifier, cela revient en gros à s'auto mutiler. On rentre ainsi dans une sorte de processus masochiste assez malsain, qui n'apporte pas forcément quoi que ce soit de bon et, bien au contraire, peut aider à sombrer dans la mauvaise estime de soi.

Non, nous, nous avons une méthode : ma méthode. Une méthode qui nous explique comment trouver ces faiblesses, et surtout : quoi en faire.
Analysons les différentes étapes : connaissance, décision, action, évaluation.
Cette méta-méthode que je développe et affine depuis des années est une merveille d'ingéniosité, de simplicité et de complexité à la fois. Étudions son application dans le cadre de nos faiblesses.


Connaissance
Cette étape est celle où nous allons lister l'ensemble de nos faiblesses. Comment être sûr de les connaitre toutes ? Partant du double principe que : 1. la vie peut nous changer, 2. nous pouvons changer notre vie, la réponse est évidente : établir une liste exhaustive est un non sens. Nous évoluons, changeons et corrigeons nos faiblesses ou ... en développons de nouvelles. Donc, dans le meilleur des cas, il est possible de faire une liste relativement complète de ses faiblesses, en relation avec le contexte, l'environnement, le moment.
Dans le cadre de mes programmes de développement personnel, je dispose d'outils me permettant de mettre en évidence les faiblesses de mes clients. Cela me permet de m'exonérer de mécanismes de défense vicieux comme la mauvaise foi ou le déni.


Décision
Une fois les faiblesses identifiées, nous allons les analyser pour prendre des décisions. Analyser ? Sur quels critères ? Les critères retenus ici sont ce que je définis comme les 3 motivations du changement : je peux, je veux, j'ai besoin.
Il faut ainsi se poser ces 3 questions : est-ce que je veux travailler sur cette faiblesse ? Est-ce que je le peux ? Est-ce que j'en ai besoin ?
Par exemple, "j'ai besoin d'acquérir de nouvelles compétences pour ma réorientation professionnelle". "Je veux améliorer mon look car j'en ai marre de ne pas être pris au sérieux". "Je peux physiquement me préparer à courir un marathon, car je n'ai pas d'handicap majeur".

Le facteur relativement limitant ici est le fait de pouvoir. Si je veux me payer une voiture de luxe, que j'en ai besoin, mais que je n'ai pas les finances, et bien je ne l'aurai pas. Du moins, pas directement. Ma volonté peut me permettre de trouver d'autres moyens pour arriver à cet objectif, mais ce n'est pas possible immédiatement, en l'état des choses.

Revenons à nos faiblesses : puis-je corriger toutes mes faiblesses maintenant ? Peut-être, mais ce serait très risqué et ce ne serait pas forcément utile. Faire un plan, définir des priorités, se fixer de plus petits objectifs et les affronter un par un (l'approche série et non parallèle) est une très bonne voie vers la réussite et permet de gagner en confiance en soi.


Action
Nous avons défini une liste de nos faiblesses. Nous avons défini des priorités. Nous pouvons commencer à agir. Certaines faiblesses sont faciles à corriger, d'autres le sont moins. Ce n'est pas vraiment affaire de faiblesse, mais plutôt de vision de ses faiblesses et des conséquences qu'elles ont eu jusqu'à présent sur votre vie.
Je ne donnerai pas d'indication d'action particulière, car chaque personne a son propre contexte, sa propre histoire, ses difficultés et ses facilités.
Je travaille souvent en utilisant les différentes étapes du deuil, car en travaillant sur vos faiblesses, c'est une partie de vous qui meurt, que vous perdez, dont vous vous séparez.
Si vous ne trouvez pas de solution concrète pour agir sur vos faiblesses, n'hésitez pas à me contacter pour commencer un programme !


Evaluation
Cette étape est cruciale car elle permet de valider la réalisation de l'objectif, mais surtout, c'est par cette étape que nous allons travailler sur l'estime de soi.
Si cette étape n'est pas réalisée, alors vous ne saurez pas si votre objectif a été atteint. Autrement dit, vous aurez travaillé pour (presque) rien.
Si cette étape est mal réalisée, alors vous aurez rempli votre objectif, mais vous ne profiterez pas de la valorisation de votre action.
En revanche, dans le cadre de mes programmes, non seulement votre objectif est réalisé, mais vous en prenez conscience : vous gagnez en confiance en vous et vous développez votre estime de soi de manière positive.


Il est tout à fait possible de corriger vos faiblesses vous-même. Je l'ai fait me concernant pendant des années et cela a très bien fonctionné.
Cependant, j'ai eu le plaisir d'échanger sur cette démarche avec une confrère psychologue et je, partage son opinion : c'est une démarche dangereuse qui ne peut réussir que si le sujet dispose d'un certain nombre de pré requis dont une grande confiance en soi, une volonté de fer, une démarche rigoureuse, et une capacité à se montrer relativement objectif.
Dans beaucoup de cas que j'ai pu observer, le sujet finit par tourner en rond et déprimer.

Je vous accompagnerai avec plaisir dans la mise en place de ma méthode pour atténuer ou corriger vos faiblesses. Vous serez rassuré(e) car vous n'êtes pas seul(e), vous gagnerez un temps précieux, car mes méthodes sont efficaces.
Mon site sur le développement personnel

A vous de prendre votre première grande décision !

samedi 30 octobre 2010

Un nouveau sité dédié au développement personnel

Dans le cadre d'illuminescence, je suis parfois amené à coacher les chefs d'entreprise ou les décideurs qui font appel à nous pour qu'ils soient le vrai moteur du changement dans leur société.
Nous proposons désormais cette prestation sur un site internet spécifiquement dédié au développement. La grande nouveauté pour nous : pour la première fois, nous ouvrons nos prestations aux particuliers.

Vous souhaitez résoudre un problème qui vous semble insoluble ? Vous souhaitez définir puis atteindre des objectifs clairs ? Ou vous êtes simplement curieux(se) ? Alors n'hésitez pas à découvrir notre site internet dédié au développement personnel.

dimanche 18 avril 2010

Gestion de l'image : ce qui est et ce qui paraît être

Voilà un sujet qui me tient tout particulièrement à cœur.
Faut-il avoir l'air pour être ?

Dans la communication de manière générale, la réception d'un message est plus importante que son émission. Voici une variante de ce postulat : la perception que l'on se fait d'une réalité est plus importante que la réalité elle-même, ou encore, nous ne voyons pas les choses telles qu'elles sont, mais telles que nous sommes.
Pour bien comprendre ceci, prenons un exemple : le soleil a longtemps été considéré par l'homme comme une expression magique ou divine, alors que nous savons aujourd'hui que ce n'est qu'une étoile parmi tant d'autres dans l'univers.
Prenons un autre exemple : les fameux goûts et les couleurs. Chacun a les siens et ce qui est reconnu comme beau par l'un peut être considéré comme laid ou insipide par l'autre. Si nous parlons d'une fleur, elle-même n'a aucune "conscience" de sa beauté ou non, ni de sa couleur, ni de sa taille. Car toutes ces "valeurs" sont des valeurs arbitraires, relatives, attribuées par l'homme.

Ainsi, nous caractérisons les éléments qui constituent notre environnement et les comparons les uns aux autres sur des échelles de valeur qui n'existent qu'à travers nous.
Revenons à la question initiale : faut-il avoir l'air pour être ? Et bien globalement, oui. Nous parlons ici de la notion de crédibilité. Si on veut être crédible, il faut plus ou moins correspondre à une certaine "image" que "les gens" se font de ce que vous êtes.
En gros, pour être crédible comme consultant, il faudrait rouler en voiture allemande, porter un costume à 800 euros, de belles chaussures et être bien rasé. La plupart des gens seront ravis, rassurés, et "on verra bien après si le ramage est à la hauteur du plumage", si ça en a l'air, ça doit bien être vrai.
Pour résumer : pour être perçu comme crédible dans son domaine, il faut d'abord en avoir l'air. Cela s'appelle des "codes". Il y aurait ainsi des codes, qu'il vaut mieux respecter, sinon, ça ne peut pas marcher.

Mais est-ce que ce schéma, cette façon de penser est toute puissante ? Y-a-t-il des exceptions ? On pourrait dire qu'un artiste n'a pas besoin d'avoir l'air politiquement correct. Il peut être arrogant, ne pas se laver, ne ressembler à rien et pourtant, ça ne posera pas de problème. Pourquoi ? parce que pour un artiste, le politiquement correct est justement le politiquement incorrect.
Autrement dit, rien de plus banal et pathétique qu'un artiste qui se prend pour un artiste. Je n'aimerais pas être un artiste, en fait. Car quand on y réfléchit bien, quoi qu'ils fassent, cela reste plus ou moins incohérent.
Mais je m'égare. D'ailleurs, je vais m'égarer un peu plus, en me montrant plus précis dans mon égarement : je dirais plutôt que je n'aimerais pas être perçu comme un artiste. Car un artiste, j'en suis un, quelque soit la façon dont je me montre et dont on me perçoit.

Et c'est là que nous touchons à ce qui me semble être terriblement intéressant : NON, le paraitre n'est pas une règle absolue. Et je dirais même bien au contraire.
Finalement, essayer d'avoir l'air d'être ce que l'on veut être est assez tordu comme raisonnement. Pourtant, c'est un raisonnement naturel, le plus évident qui soit pour beaucoup, y compris pour moi, il y a quelques années. Mais en fait, il y a tellement mieux : pourquoi ne pas essayer plus simplement d'être ce que l'on veut être ? Une fois que l'on est ce que l'on veut être, tout va bien. Enfin, non. Pas tout à fait. Il y a une contradiction ici, avec le postulat que j'ai énoncé au début de ce billet : la perception que l'on se fait d'une réalité est plus importante que la réalité elle-même.

Nous voilà bloqués. On sait que être est mieux que paraitre pour soi, pour sa conscience, pour le travail bien fait, mais on sait aussi que les clients vont nous juger sur les apparences et que là, cela risque de ne pas coller, car elles sont plus importantes que la réalité elle-même.
Et bien, je vous rassure, nous ne sommes pas bloqués du tout. Nous avons simplement énoncé que l'apparence d'une réalité est plus importante que la réalité elle-même, et bien, dans ce cas, j'irai plus en détails en précisant que l'apparence de la cohérence est plus importante que l'apparence de la crédibilité d'une réalité. (prenez une aspirine et relisez trois fois, ne vous inquiétez pas, ça va venir...)

Finalement, pour donner la meilleure image de soi, et pour être sûr de ne pas vendre n'importe quoi à n'importe qui, il est préférable d'être soi-même, de s'accepter, de s'assumer et de le montrer. L'acceptation est ici une part de la plus haute importance, car en acceptant ses erreurs, ses faiblesses, on se donne l'opportunité de les corriger. Ainsi, au lieu de se transformer en vague stéréotype de chef d'entreprise, de cadre sup', de consultant, on se transforme en un meilleur soi.

C'est le parti que j'ai décidé de prendre il y a plusieurs mois : ne pas essayer de ressembler au consultant idéal, mais montrer que je suis un bon consultant en communication et que je ne suis pas moins bon que je roule dans la Ford Escort de ma femme ou dans ma Jaguar, que je ne suis pas meilleur quand je suis rasé de près ou quand je porte mes chemises Rochas avec boutons de manchettes.
J'ai aussi pris le parti de ne pas cacher qu'en plus d'être consultant en communication, je suis également musicien, artiste sculpteur, développeur informatique, publiciste, marketeur, que j'aime le bon vin et les bons restaurants, que j'ai joué de la batterie dans un groupe de métal, que je suis ému quand un client me parle de ses petits enfants avec l'œil qui pétille.

J'essaye ainsi de donner une image honnête, franche et cohérente de moi.
Ceux qui préfèrent les paillettes passeront leur chemin, ceux qui aiment rencontrer des gens vrais et construire de beaux projets accepteront mon invitation et nous irons boire un excellent vendanges tardives, tout en parlant de notre future et fructueuse collaboration.

Et c'est cette expérience acquise que j'essaie aujourd'hui de transmettre à des hommes, des femmes, des cadres dirigeants, des chefs d'entreprise, qui se sont usés dans l'apparence au point de s'oublier, de se perdre, au point de ne plus se reconnaitre. Nous essayons ensemble de synchroniser apparence et réalité, nous faisons un long travail, afin de ne pas laisser aux autres ce choix, celui de choisir entre l'homme ou la femme et l'image qui est projetée.

mardi 1 décembre 2009

Se préparer au changement

Parmi nos clients, nous avons de nombreuses PME/PMI locales et groupements d'entreprises. Ces structures sont souvent familiales et certaines ont même une histoire riche de plusieurs générations.
Le savoir-faire a été transmis au fil des ans, et chaque génération, par la qualité de sa formation, par sa nouvelle vision, par l'innovation est venue apporter sa pierre à l'édifice familial.

En Alsace, les entreprises savent très bien évoluer en ce qui concerne le produit ou le service lui-même et nos belles entreprises familiales se montrent très souvent compétitives. Seulement voilà : l'innovation s'arrête souvent là et ne vient pas s'immiscer dans les techniques de vente, dans l'image, l'identité, bref, dans la politique de communication.

Ce paradoxe est plutôt intéressant et montre encore une fois la culture alsacienne qui veut qu'un bon produit assurera forcément prospérité à l'entreprise. Mais voilà : les temps changent, les consommateurs évoluent et ces changements s'accélèrent. Il faut désormais porter l'innovation à tous les domaines qui touchent à la vie de l'entreprise.


Le facteur psychologique
Mais est-ce bien simple ? Certainement pas. Enfin, c'est très simple sur le papier, et d'ailleurs, les grands groupes nationaux et internationaux ne s'embarrassent pas de ce genre de considérations (avec les immenses travers que cela peut comporter parfois) pour venir grignoter les parts de marché de nos clients locaux.
Mais dans la tête, c'est beaucoup plus complexe. Il faut parfois des mois, des années, voire une carrière pour qu'une réelle prise de conscience se produise, pour que l'évidence s'impose : le changement est nécessaire.


Un plan d'action en 2 phases
Nous accordons beaucoup d'importance à la psychologie de nos clients, de manière générale. Pour que le changement se fasse dans le bonheur et non dans la douleur, il nous apparaît ainsi essentiel de proposer à nos clients un accompagnement spécifique de type "coaching".
Le but de cette étape est d'aider notre client à comprendre la nécessité du changement, à se l'approprier, à en devenir un vrai acteur et non subir.

C'est à cette seule condition que notre chef d'entreprise arrivera à insuffler à l'ensemble de son personnel la motivation nécessaire à ce qu'ils perçoivent comme ... travailler plus pour le même salaire.

Et ici, nous trouvons la deuxième étape de notre accompagnement : aider le chef d'entreprise à faire du changement la grande cause de l'entreprise à laquelle chacun peut participer à sa manière. Impliquer le personnel, lui montrer que le patron est sensible à ses craintes, organiser des séminaires, des groupes de travail plus ou moins ludiques ... permettra à votre entreprise de renforcer sa cohésion et de regrouper les forces vives autour d'un grand projet commun.

Des forces que vous ne soupçonnez sûrement pas ressortiront de vos équipes, ainsi que très certainement, des faiblesses. Cela vous donnera également l'occasion de réajuster certains postes, d'organiser votre entreprise de manière plus productive au sens large : pas seulement en terme de résultat financier, mais aussi en terme de bien-être au travail.

Vous serez surpris par les résultats !

samedi 28 novembre 2009

L'homme est-il capable de gérer son existence virtuelle ?

Cette question est rarement posée : les mondes virtuels nous viennent à l'esprit soit comme une évidence, soit comme une hérésie, chacun y va de son opinion, fondée ou non, mais l'homme est-il préparé à se comporter correctement quand il se tient derrière son écran ?

Attention : propos parfois corrosifs et humour noir sont de vigueur dans ce billet. Mais comme toute belle histoire, je vous rassure : elle se termine par un "happy end".


Préambule
Le but de ce billet n'est pas de donner des leçons de morale ou d'imposer une seule bonne façon de gérer son existence virtuelle. Mon but à travers ces quelques lignes est surtout d'ouvrir le débat, de proposer quelques exemples issus de ma propre expérience et, pourquoi pas, d'échanger avec d'autres usagers des communautés virtuelles pour enrichir cet état des lieux.
Je me permettrai parfois d'apporter quelques recommandations ou suggestions, à adapter à votre propre cas ... ou pas ! :)


Mon expérience
Je fais partie du "clan" des gens qui trouvent le principe de l'existence virtuelle parfaitement naturelle. J'ai débuté en 1997 à travers IRC (Internet Relay Chat) en tant que simple "membre" de salons de discussion. J'ai rapidement animé mes propres salons, puis ai découvert d'autres moyens de communiquer en ligne, comme ICQ, puis plus tard MSN, Yahoo Messenger et autres.
Ma "route virtuelle" a pris ensuite une tournure importante avec la participation à de nombreux forums internet, puis à l'administration de communautés dont certaines ont dépassé les 3000 membres.
Enfin, mon dernier terrain d'exploration n'est autre que le très mondial et controversé Second Life. Ici aussi, le même type de parcours : d'abord membre, puis administrateur de communautés avec une dimension internationale cette fois-ci.


Le plan
Voici le plan que je suivrai tout au long de cet article pour étayer mon opinion :
  • Profils type de l'homme (ou de la femme) virtuel(le) et évolution de l'espèce
  • Les motivations
  • Le mode d'emploi
  • Le comportement
  • Les bonnes surprises
  • Les mauvaises surprises
  • Le point de vue de l'utilisateur : ne garder que le meilleur
  • Le point de vue de l'administrateur : le choix du "système politique" de la communauté
  • Informations additionnelles : la vie virtuelle et le travail
  • Informations additionnelles : les sentiments et le facteur émotionnel
  • Informations additionnelles : L'anonymat
  • Informations additionnelles : Le facteur culturel
  • Conclusions

Profils type de l'homme (ou de la femme) virtuel(le) et évolution de l'espèce
Nous allons commencer par l'évolution de l'espèce. C'est assez facile : quand j'ai fait mon apprentissage (ce mot a de l'importance) du "bon" usage des communautés virtuelles sur IRC en 1997, le profil de l'utilisateur virtuel était assez simple : des informaticiens, des étudiants en sciences et/ou informatique et ... "dérivés". Quelques exceptions évidemment, mais le gros des troupes ressemblait à cela.

Et concrètement ? Il est important de rappeler le contexte de l'époque : connexion en 56K pour ceux qui avaient un abonnement à la maison (entre 100 et 500 fois moins rapide qu'une connexion ADSL dégroupée actuelle) les autres se connectaient à l'université, où le débit était bien supérieur. L'abonnement imposait une limite de temps : on payait pour 10h ou 20h de connexion et après ... plus rien ! Il fallait attendre le mois suivant.
Quand on faisait une recherche sur Yahoo, on trouvait directement toutes sortes de sites qui proposaient en téléchargement direct de la musique, des applications ... évidemment piratées. Mais à cette époque, personne n'en parlait à la télé ou à la radio.
On se rappellera également des premiers pas de Napster, où il fallait parfois une nuit entière pour télécharger quelques morceaux de musique.

Bref, il fallait bien du courage et de la motivation pour "être présent sur la toile". Du coup, le public était assez ... élitiste, n'ayons pas peur des mots et avait une certaine éducation d'internet. Évidemment, par exemple, en ce qui concerne IRC, les salons étaient à peu près tous les jours l'objet d'attaques de "hackers en herbe", ce qui pouvait rendre l'utilisation du service un peu lassante.

Le bon vieux temps ? Certainement pas. A part l'échange de texte, les interactions étaient plutôt limitées, le lag (ralentissements de connexion) pouvait être parfois terrible, les serveurs se désyncronisaient régulièrement et surtout ... on sentait déjà que ... les modes de fonctionnement ne seraient "pas tout à fait les mêmes" qu'autour d'une bonne bière dans son pub préféré. (l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération).

Puis, quelques années plus tard, est arrivé en France le Saint Graal : l'ADSL. En voilà une révolution. L'ADSL, c'est génial : du haut débit comme ils appelaient ça à l'époque. On pouvait enfin télécharger de la musique en quelques minutes au lieu de quelques heures (on ne savait pas encore tout à fait que c'était super illégal et qu'un jour on pourrait finir en prison à cause de ça).
Bref, l'ADSL avait tout pour plaire. Mais ce que nous n'avions pas prévu, nous pauvres utilisateurs "pionniers" d'internet, c'est qu'avec l'ADSL, les fournisseurs d'accès avaient un plan secret : démocratiser internet. Idée brillante sur le papier. chacun allait pouvoir être membre ou acteur de la "révolution numérique". Mais voilà. Laisser internet entre les mains de n'importe qui, c'est un peu comme donner une arme à quelqu'un sans lui dire "ne tue pas avec, c'est mal".
Internet arrive donc dans les foyers, sans aucun mode d'emploi, et les gens se retrouvent dans un univers qu'on leur vend libre en leur disant bien que tout est possible ! Y compris de révéler au monde entier toute l'ampleur de leur ... "côté obscur".


Les motivations
Mais quel est donc l'intérêt de mener une existence virtuelle ? Certains l'ont fait pour être à la pointe du progrès technologique, d'autres par curiosité, pour s'amuser, se faire des amis, se défouler après le travail, trouver le grand amour, découvrir de nouvelles cultures, rester en contact avec ses amis réels plus facilement, retrouver des vieilles connaissances du collège ou de l'école primaire, travailler à distance ...
Les motivations sont multiples et beaucoup sont très nobles. Je reste persuadé que dans une majorité des cas, la motivation d'avoir une vie virtuelle n'implique aucune volonté consciente et explicite de nuire à autrui. Mais seulement voilà : il manque le mode d'emploi.


Le mode d'emploi
Chaque personne peut, grâce à internet, créer sa propre communauté. Cette communauté, quel que soit le support choisi (Facebook, IRC, Second Life, un forum) a un certain nombre de caractéristiques communes. L'une d'entre elles est le règlement. Chaque utilisateur qui souhaite participer à la vie de la communauté doit lire et accepter le règlement.

Un petit point sur le principe du règlement, car cela me semble être du plus grand intérêt : on notera qu'une majorité écrasante de communautés fonctionne avec un règlement à respecter. Pourquoi ? Internet ne serait-il pas aussi libre qu'il nous a été vendu ? Pourquoi s'embarrasser d'un règlement long et fastidieux à rédiger comme à lire ?
Parce que c'est tout simplement indispensable, du moins dans la plupart des cas. Ce qui est étonnant, c'est que la plupart des règlements se ressemblent et sont tous plus ou moins des évocations de la fameuse nétiquette.
Étrange ?! Pourquoi rappeler régulièrement ce que tout utilisateur d'internet a dû lire au moins une fois ?


Le comportement
Parce que la plupart des utilisateurs de communautés virtuelles a un ÉNORME problème de comportement.
Comment cela se matérialise-t-il ? Pour beaucoup, internet reste un grand espace de liberté, dont les utilisateurs sont anonymes, pour s'amuser après une longue journée de travail pleine de contraintes inévitables, elles.
Il faut comprendre : pour beaucoup, internet est une sorte de défouloir ou on peut se permettre de faire tout et n'importe quoi, vu que de toute façon, il n'y aura aucune conséquence.

Soyons clairs, les règlements ne sont (presque) jamais lus. Le mode d'emploi n'est pas inné et il n'est donc pas acquis non plus. Ceci implique des débordements systématiques à une fréquence plus ou moins élevée selon le public. Quand je regarde un peu en arrière, je me rends compte que plus la communauté est généraliste, plus il y a de problèmes.

Et le mode même de fonctionnement des communautés virtuelles basées notamment sur le chat (communication par texte) aggrave sensiblement les problème potentiels : Il est en effet, très difficile de donner le ton du message, ce qui aboutit à des quiproquos et souvent ... selon le talent du ou des modérateurs, à une sorte de "drame" (de l'anglais drama) qui peut durer plus ou moins longtemps et mettre plus ou moins en danger l'ensemble de la communauté.
Arriverait-on ici à un paradoxe ? de nouveaux moyens de communiquer qui aboutissent finalement à des incompréhensions et ... des problèmes de communication ?
Non, il convient juste de ne pas confondre qualitatif et quantitatif : internet permet de connaitre plus de monde, mais les relations nouées seront-elles d'aussi bonne qualité et les échanges pourront-ils se faire de manière claire ?

Bref, internet, loin de l'espace de liberté promis, est un mode de communication à part entière, avec ses propres règles, qu'il convient de connaitre et de respecter pour pouvoir éviter les mauvaises surprises et saisir les bonnes.


Les bonnes surprises
Les communautés virtuelles peuvent, une fois le mode d'emploi assimilé, apporter d'excellentes surprises. Il est possible de rencontrer des gens fort intéressants avec beaucoup plus de facilité que dans la vraie vie. On peut nouer amitié, tomber amoureux, trouver de nouveaux partenaires commerciaux. On peut discuter autour de ses centres d'intérêt, se former, apprendre, s'instruire.

Dans mon cas, j'ai eu quelques excellentes surprises. Par exemple, 3 des 4 témoins de mon mariage ont été rencontrés grâce à internet. Je me rappelle également de ce voyage que j'ai pu faire en Pologne, sur un coup de tête, pour répondre à une invitation faite par un ami virtuel qui est devenu ... un ami bien réel. Je garde d'excellents souvenirs de cette rencontre et de la générosité, la gentillesse et l'hospitalité dont mes hôtes ont fait preuve durant mon séjour.


Les mauvaises surprises
Évidemment, j'ai aussi eu de mauvaises surprises. j'ai rencontré des gens très sympathiques en virtuel qui étaient finalement peu intéressants en vrai. J'ai également rencontré une quantité assez impressionnante de mythomanes en tous genres. Des gens qui s'inventent une vie qui n'est pas la leur.
Je passe évidemment sur ceux qui font les fiers derrière l'écran mais qui baissent immédiatement d'un ton quand ils sont face à mon imposante carrure.

Strictement sur internet, j'ai pu constater un certain nombre de comportements grossiers, blessants, méchants, agressifs, violents.
Bref, y-a-t-il un moyen de ne garder que le meilleur et d'ignorer/jeter/oublier/négliger le pire ?


Le point de vue de l'utilisateur : ne garder que le meilleur
Oui, il est tout à fait possible de rester à l'écart de la plupart des problèmes potentiels, quand on est utilisateur de communautés virtuelles.
Si un lieu ne plait pas, il n'y a aucune obligation d'y rester. Quels que soient les désagréments constatés (mauvaise modération, public peu agréable ...) Internet est assez vaste pour proposer, pour chaque thème, plusieurs communautés "concurrentes". Il y a donc l'embarras du choix.
Et si toujours rien ne correspond à vos attentes, libre à vous de tenter de créer votre propre communauté, selon ce qui vous inspire, et de la développer.
C'est ce que j'ai fait pour un forum d'une grande marque automobile : créer une alternative qui n'existait pas et qui est devenue aujourd'hui la plus importante communauté francophone de la marque, avec plus de 3000 membres.

Quant aux problèmes de communication possibles, je suggère de demander clarification avant de tirer des conclusions hâtives : souvent ce n'est qu'un malentendu.

Enfin, quoi que l'on fasse, il y aura toujours des gens pour "chercher des histoires". Je ne peux que conseiller de rester à l'écart de ces personnes et de ne pas s'engager dans un quelconque débat. Ce ne sera qu'une immense perte de temps.


Le point de vue de l'administrateur : le choix du "système politique" de la communauté
En voilà un point intéressant. Toute personne (ou presque) qui souhaite créer sa propre communauté fera face, à un moment ou un autre, à des problèmes de comportement de ses utilisateurs. Le choix du modèle politique est donc essentiel : démocratie, dictature, monarchie, anarchie ?! Il est possible de s'inspirer de tous ces modèles et de les suivre plus ou moins librement.

Cependant, il y a des modèles qui fonctionnent mieux que d'autres. Entre gens courtois, responsables, respectueux, qui se connaissent "en vrai", sous forme de communauté "privée" ou fermée et savent se comporter convenablement dans une communauté virtuelle, l'anarchie ou la démocratie fonctionneront très bien.

Dans la plupart des autres cas et au risque de choquer : je suggère monarchie ou dictature. L'absence de règles du "système anarchique" sera une faille exploitée par le premier venu qui voudra passer ses nerfs sur la communauté, sans oublier la notion de "responsabilité" qui implique que les différents administrateurs et modérateurs peuvent être tenus pour responsables de ce qui se dit dans leur communauté. Imaginez un seul instant qu'un membre vienne poster des photos pédophiles sur votre forum tout beau tout neuf : et voilà le début d'immense problèmes.
Quant à la démocratie, il s'agit d'un mode de fonctionnement facile à verrouiller pour une personne irrespectueuse et mal intentionnée. Le forum se retrouve bloqué, aucune décision ne peut être prise et cela finit ... en anarchie !

La monarchie ou la dictature (sur internet, cela ne fait pas de grosse différence, je mets évidemment de côté toutes les connotations négatives liées à ces deux systèmes tout au long de l'histoire de l'homme, les conséquences ici, n'étant pas du tout les mêmes) présentent de nombreux avantages : notamment celui de pouvoir modérer en paix.
Le principe est simple : vous établissez des règles, vous jugez les situations en votre "âme et conscience" et vous agissez de la façon qui vous semble la meilleure. Si vous le souhaitez, vous pouvez demander l'avis des modérateurs, ou des membres, mais vous n'en avez pas l'obligation.

De mon expérience, c'est la mode de fonctionnement qui apporte les meilleurs résultats sur le long terme : les crises sont peu fréquentes et réglées rapidement, les membres sont responsabilisés (si ils ne sont pas contents, qu'ils aillent voir ailleurs - d'où une notion de conséquence qui, naturellement, va limiter les ardeurs des plus teigneux) et l'accent est mis de manière générale sur les obligations de chacun et non les droits.

Évidemment, la réussite de ce mode de fonctionnement sera très largement conditionnée par la capacité de l'administrateur à se faire respecter. C'est un autre point que j'apprécie particulièrement : si l'équipe modératrice est incompétente, la communauté finit par se vider puis mourir. Chacun est donc mis face à ses responsabilités et doit supporter les conséquences de ses actes et de son comportement.
C'est une excellente façon de construire un projet et des relations qui tiendront sur le long terme.
Et justement, il existe plusieurs cas particuliers intéressants à mettre en avant, au sujet des relations virtuelles possibles.


Informations additionnelles : la vie virtuelle et le travail
Est-il possible de trouver un partenaire professionnel dans une communauté virtuelle ?
Oui, évidemment, mais pas dans tous les cas. En effet, certaines communautés ne se prêtent pas vraiment à cela voire, pour certaines, parler affaire est tout simplement interdit (d'où l'importance de lire le règlement avant de s'exprimer ...)

De nombreux réseaux sociaux orientés business existent afin de créer/faciliter les échanges entre professionnels. Je pense notamment à facebook, Viadéo, LinkedIn et autres.
Cela représente-t-il un réel intérêt ou est-ce une perte de temps ? Là encore, tout dépend. De manière générale, les réseaux sociaux sur internet fonctionnent comme les réseaux relationnels en "vrai" : si on passe peu de temps dessus, autant ne rien faire, les résultats seront maigres. Pour obtenir des retours probants, il faut s'investir.
A noter, une dérive assez perverse de réseaux sociaux de type facebook : certains professionnels vendent leur réseau relationnel comme "compétence" et en creusant un peu, on s'aperçoit que ce fameux réseau relationnel se limite à une "liste d'amis" dont les membres n'ont jamais été rencontrés, ou aucun lien particulier n'a été créé.
Certaines personnes peuvent ainsi paraitre "influents" alors que finalement ... ce n'est que du vent. A chacun de se faire sa propre opinion, sans oublier que connaitre le nom d'une personne ne signifie pas nécessairement que cette personne est un levier potentiel.

Enfin, un aspect des plus intéressants des communautés virtuelles, très à la mode au moment où j'écris ces mots : le télétravail. J'entends beaucoup de choses très positives sur le télétravail, que cela permet de réduire les coûts, d'être plus souple, de gagner en performance.
je suis totalement d'accord avec cette analyse à la condition impérative que les règles du jeu soient clairement établies au départ et que le manager mette en place une certaine "modération", ce qui signifie ici : un vrai suivi. Ainsi, le système composé par le manager et ses troupes en télé travail peut être représenté sous forme de communauté virtuelle, avec ses membres et son administrateur. On relit un peu plus haut et on applique : choix de la plateforme la mieux adaptée, choix du système politique le plus efficace etc.


Informations additionnelles : les sentiments et le facteur émotionnel
Parmi les motivations principales de se créer une vie virtuelle, il y a celle de se faire des amis, voire ... de trouver le grand amour.
Soyons clairs dès le départ : si aucun sujet de fond n'est abordé, dans le meilleur des cas, on se retrouve avec des copains de foire (ce qui n'est pas forcément négatif, mais il est important de bien en avoir conscience), dans le pire des cas, on sert de bouche trou quand les autres n'ont personne sous la main.
Dans le même ordre d'idée : ne pas attendre systématiquement une relation longue et durable. Les "amis" virtuels se consomment comme des mouchoirs, on utilise et puis on jette. Cela peut sembler cruel, ça l'est peut-être, mais est-ce bien différent de la "vraie" vie ?
j'aime trouver un côté positif à tout et là, il peut être assez surprenant : je prends cela comme un exercice mental. En effet, rien dans la vie (y compris la vie elle-même) n'est fait pour durer. Alors, autant profiter de l'instant présent, sachant que demain, il pourrait bien ne plus exister.

Les relations ainsi créées sont-elles toutes forcément superficielles ? Bien sûr que non. Mais là encore : un avantage immense. En effet, si vous sentez un bon feeling avec une personne que vous avez rencontrée dans une communauté virtuelle, rien ne vous interdit/empêche de passer à la vitesse supérieure : la rencontre en VRAI.
Nous soulevons ici un point très intéressant : la vie virtuelle peut apporter énormément et tout cela peut être consolidé/validé/améliorer par ... une bonne vieille rencontre en chair et en os.
En voilà une excellente façon d'obtenir le beurre et l'argent du beurre. On se sert d'internet pour faire connaissance, et en transposant dans la vraie vie, on consolide les rapports.
Ceci est évidemment valable pour le grand amour, pour les partenaires commerciaux : internet est un excellent moyen de mise en relation, mais la relation en elle-même aura plus de chance d'être réellement satisfaisante si elle est poursuivie "en vrai".


Informations additionnelles : L'anonymat
Et c'est ici que nous trouvons un paradoxe important. Les relations virtuelles sont plus belles quand elles se teintent de "réalité", mais beaucoup de gens restent sensibles au fait de préserver leur anonymat.
Est-ce finalement un paradoxe ? je ne pense pas. Je pense au contraire, que cela peut être expliqué très simplement en partant du postulat suivant : l'homme n'est pas prêt globalement, à gérer sa vie virtuelle. Il manque d'information, de mode d'emploi. Il manque de rigueur dans sa façon d'appréhender cette nouvelle opportunité. Du coup, il prend peur et se cache, face à l'inconnu et à l'ignorance.

Il me semble important de mettre à plat quelques points importants à propos de l'anonymat.
Tout d'abord, l'anonymat n'existe pas. Ou presque pas. Evidemment, certaines personnes arrivent à circuler sur internet de manière anonyme, mais c'est au prix d'une rigueur et de connaissances techniques qui dépassent de très loin ce que l'utilisateur lambda d'internet est en mesure de faire.
Bref, nous partons du principe que dans la majorité écrasante des cas, l'anonymat n'existe pas.
Chaque utilisateur est identifié avec un pseudo (vous seriez surpris de voir tout ce que l'on peut apprendre sur une personne simplement en recoupant des recherches sur un pseudo), une adresse IP (la justice peut utiliser cette information facilement pour remonter aux coordonnées complètes de l'utilisateur) ou encore une adresse email.
le cas de l'email donne lieu a de nombreuses anecdotes toutes plus croustillantes les unes que les autres. Je repense notamment à cet utilisateur de forum qui se montrait très irrespectueux envers un membre et se vantait que de toute façon, il était anonyme et personne ne pourrait le retrouver. Hors, cette même personne a eu la bonne idée de s'enregistrer sur le forum avec un email du type prénom.nom@mail.com. En réunissant les informations qu'il avait laissées filtrer sur sa vie et l'utilisation de son nom complet, il était possible de le localiser grâce aux Pages Blanches et d'obtenir ainsi son adresse complète et son numéro de téléphone. Il a évidemment beaucoup moins rigolé quand je lui ai demandé comme était la météo dans sa rue, et dans sa ville.

Prétendre être anonyme sur internet est donc ... une vaste blague. Même dans le cas ou il y aurait de bonnes raisons de vouloir rester anonyme (adultère, discrétion sur le niveau de vie par exemple ...), ce réflexe a peu de sens.
Alors, que se passe-t-il quand on essaie l'opération inverse ? c'est à dire se présenter, officiellement, avec son vrai nom, et une vraie photo de soi. Analysons les risques : se faire cambrioler ? se faire harceler par un fou ou une folle ? devenir l'objet de toutes les attentions d'un serial killer ?
Ce sont des risques en effet. Mais de la même manière que l'anonymat est une farce pour vous, il l'est aussi pour les autres. Donc si la justice fait bien son travail, cela ne devrait pas être plus compliqué de retrouver la personne que si elle vous avait croisé au supermarché.

Y-a-t-il des avantages à se présenter ?
Et bien, j'ai essayé pour vous. Et très honnêtement, oui, et ils sont nombreux. Premièrement, les gens ont tendance à mieux se comporter quand ils ont en face d'eux une personne identifiable. Plus de respect, plus de retenue et de politesse. bref, de gros avantages.
Ensuite, cela laisse la porte ouverte à des discussions riches et intéressantes, qui vont plus loin et permettent un échange plus qualitatif, quelles que soient vos motivations : amis, amour, travail, passion...
Les gens ont tendance à être plus "eux-mêmes" et à faire plus confiance à une personne qui ne se cache pas.


Informations additionnelles : Le facteur culturel
L'ensemble des commentaires formulés ci-dessus s'appliquent-ils à toutes les cultures ou est-ce encore un tour de notre bonne vieille exception culturelle française ?
J'ai eu la chance de pouvoir administrer ou participer à des communautés qui réunissaient des personnes de France, d'Europe de l'ouest, de l'est, d'Amérique du nord.
Je n'ai malheureusement pas eu assez de contacts avec des personnes d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique du sud pour vous donner un retour d'expérience probant concernant ces cultures.

Ce que j'ai pu retenir est que grosso modo, les peurs, les comportements sont identiques. Ou plutôt, la différence de comportement entre vie virtuelle et vie réelle est identique.

Donc à chacun de se rapprocher des "peuples" qui l'inspirent le plus, en fonction de ses affinités.
Ou plutôt, en fonction des travers qu'il trouve le plus acceptables.
Dans mon cas, je dois avouer que je prends énormément de plaisir à communiquer avec les gens d'Amérique du nord en général. J'aime leur côté enthousiaste, optimiste, travailleur, et je supporte finalement plutôt bien leurs défauts.
Que chacun fasse selon ses envies !


Conclusions
Après plusieurs heures de rédaction, nous arrivons enfin à la conclusion de ce (très) long billet.

Il apparait ainsi important de bien comprendre que la communication virtuelle peut tout à fait se montrer enrichissante sur de nombreux plans, à condition d'avoir pris le temps nécessaire à l'apprentissage de ses règles. Elles sont différentes des règles qui régissent les rapports "en vrai" entre humains que nous avons mis des années à comprendre, apprendre, nous approprier.
Mais les valeurs qui se cachent derrière et qui feront d'une relation virtuelle une réussite sont exactement les mêmes : respect de l'autre, implication personnelle, sang froid en situation de crise.
Cela revient un peu à apprendre à jouer d'un nouvel instrument de musique : la technique de manipulation de l'instrument est différente, mais le solfège est le même.

Enfin, de mon point de vue, et en bilan des 13 années passées jusqu'ici à explorer les relations virtuelles sous toutes leurs formes, j'ai eu la chance et le plaisir de faire de très belles rencontres, de me former, de voyager, de me cultiver.
Les quelques inconvénients bien en tête, je repars très volontiers pour 13 autres années de découverte, avec la même curiosité, la même soif d'apprendre, de connaitre, cet autre qui, loin de vouloir me menacer, ne demande suvent qu'à échanger, découvrir, donner, partager... bref, ne demande qu'à communiquer.

Bonne bière virtuelle à tous !